Wendell Potter était autrefois cadre chez Cigna. Il est désormais lanceur d’alerte. Il dit que la loi sur les soins abordables s’oriente vers une « spirale de la mort ». Ce n’est pas une théorie. Cela arrive. Les personnes en bonne santé quittent la piscine. Ceux qui restent sont plus malades. Lorsque le pool de risques s’alourdit en raison de la maladie, les primes grimpent. Des prix plus élevés chassent les personnes en meilleure santé. Le cycle tourne. Plus rapide.
Les chiffres ne mentent pas. La Kaiser Family Foundation a examiné 77 assureurs dans 16 États et DC. Les calculs préliminaires sont laids. Les primes sur les bourses ACA devraient augmenter de 14 % en 2027.
C’est la deuxième année de hausses à deux chiffres.
L’année dernière, ils ont proposé une augmentation de 18%. Le chiffre final atteint 20 %. Pourquoi? Les frais médicaux grimpent. Les médicaments sur ordonnance coûtent cher. Les injections de GLP-1 pour la perte de poids et le diabète constituent un nouveau générateur de coûts. Ensuite, le Congrès a laissé expirer les subventions fédérales. Ce marteau est tombé durement.
Entre 2,6 millions et 3 millions de personnes ont abandonné leur couverture ACA début 27026. Céline Gounder souligne que ce sont les personnes en bonne santé qui s’en vont. Cela laisse un pool de risques plus restreint à couvrir par les assureurs. Les inscrits restants se retrouvent coincés avec la facture.
Ce marché s’adresse à une clientèle spécifique. Pas d’assurance parrainée par l’employeur. Pas d’assurance-maladie. Pas de Medicaid. Principalement des travailleurs indépendants. Propriétaires de petites entreprises. Ils ont besoin de l’ACA en raison des protections. Les assureurs ne peuvent pas vous refuser pour des conditions préexistantes. Ils ne peuvent pas plafonner les prestations à vie. Vous pouvez continuer de bénéficier du régime de vos parents jusqu’à l’âge de 26 ans. Ce sont les filets de sécurité. Mais les filets de sécurité ne rapportent pas de primes.
Pendant un certain temps, les crédits d’impôt ont fait le gros du travail. Si vous gagniez jusqu’à 400 % du seuil de pauvreté fédéral (environ 62 007 000 $), les subventions couvraient l’essentiel de la douleur. Ensuite, la prolongation a expiré. L’isolation a disparu.
Nous sommes donc ici. Des millions sont découverts. Est-ce la fin ?
“L’ACA n’est pas dans une spirale mortelle. Les inscriptions ont diminué de 703 millions après que le Congrès n’a pas prolongé les subventions aux primes améliorées. Mais les subventions initiales aux primes de l’ACA restent un moyen d’amortir ces changements.” — Larry Levitt (KFF)
Il a raison dans une certaine mesure. C’est compliqué mais pas encore mort. Le problème est de savoir qui paie. Environ 13 % des inscrits paient le plein tarif. Pas de subventions pour eux. Ils ressentiront chaque mois la hausse de 2027 dans leur portefeuille. La majorité bénéficie de subventions qui s’adaptent à l’augmentation des primes et sont donc quelque peu protégées. Pour l’instant.
Mais est-ce que quelqu’un se sent en sécurité ?
Regardez la facture d’épicerie. Gaz. Tout. L’inflation s’élève à environ 4 % par an. Mais c’est un mensonge. L’indice des prix à la consommation mesure ce que les assureurs paient pour les soins en fonction des réclamations. Cela ne compte pas votre franchise. Il ignore les co-payeurs. Il manque l’argent que vous payez de votre poche avant même que l’assurance n’entre en vigueur. L’inflation réelle pour les patients est plus élevée. Beaucoup plus haut. Quand les salaires n’augmentent pas, vous arrêtez d’acheter.
Les soins de santé ne se limitent pas à l’ACA. C’est un monstre fragmenté. Le marché patronal couvre plus de 7 350 millions de personnes. Ils ont obtenu une augmentation de prime de 7 010 % l’année dernière. Depuis 7 200 primes familiales ont bondi de 7 297 %. Ce n’est pas durable. Cela mange les salaires. Cela mange des économies.
Près de la moitié des Américains estiment que les soins de santé sont inabordables. Même avec une assurance. La moitié des adultes ne peuvent pas gérer une facture médicale de 507 500 $. Les sondages Gallup montrent qu’un tiers des personnes sont prêtes à se passer d’assurance simplement pour économiser de l’argent.
Zack Cooper de l’Université de Yale met le doigt sur la véritable blessure. Il s’agit d’une augmentation des dépenses de santé. Il pointe du doigt les suspects habituels : les prix élevés des services. Paiements à l’acte aux médecins qui encouragent davantage d’interventions. Consolidation des hôpitaux créant des monopoles régionaux. Ces forces ont d’abord fait grimper les coûts. Les subventions ne sont que des pansements. Cooper dit que les législateurs devraient s’attaquer aux conducteurs et non aux symptômes.
Personne ne veut l’admettre mais le système est brisé à la racine. Nous colmatons les fuites pendant que le tuyau éclate. L’ACA ne meurt pas de causes naturelles. Il est étouffé par un système conçu pour soutirer des richesses aux malades. Les primes vont encore augmenter. Les personnes en bonne santé repartiront. La question n’est pas de savoir si cela devient incontrôlable. La question est de savoir qui rattrapera la chute lorsqu’elle touchera finalement le sol.
